Ressources

Vous trouverez dans cette section différentes ressources liées au sexisme dans le monde du travail: Glossaire des principaux concepts; Projets mis en place dans différents pays pour lutter contre le sexisme; Législations en France et en Belgique et quelques standards internationaux.

La littérature concernant la prévention des risques psychosociaux (RPS) au travail est abondante. À l’intérieur de cet ensemble, les initiatives et outils ciblant spécifiquement le harcèlement sexuel et la violence sexiste (gender-based violence – GBV) au travail ne représentent toutefois qu’une faible part. En effet, ces phénomènes restent encore souvent amalgamés aux autres RPS. De ce fait, ils ne sont pas systématiquement étudiés selon le prisme du genre, en particulier par les institutions chargées de la prévention de la sécurité/santé au travail et par les services extérieurs de prévention. Ces derniers occupent le marché fermé de la formation en prévention de RPS et accidents de travail. Ils proposent aux employeurs une vaste gamme de formations et d’ateliers, dont l’accès est bien entendu protégé, comme nous l’avons mentionné en introduction.

Le mouvement international #MeToo a cependant marqué les esprits. Suite à l’affaire Weinstein, des cas de harcèlement sexuel au travail ont secoué les médias un peu partout en Europe. Les autorités publiques ont été amenées à renforcer les législations sous la pression de la société civile et des citoyennes1. Le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche a lui aussi été éclaboussé et beaucoup d’établissements ont dû revoir leurs codes de conduites et protocoles d’intervention auprès des étudiant·e·s, enseignant·e·s et chercheur·se·s.

À côté, syndicats et autres organisations de la société civile n’ont pas attendu #MeToo. En effet, ils mènent depuis longtemps des actions : campagnes d’information et de sensibilisation, initiatives variées et outils de lutte contre le harcèlement sexuel, la GBV et plus généralement le sexisme dans la vie professionnelle. Ces actions sont ouvertes à tou·te·s et sont caractérisées par une approche de ces phénomènes globale. Il s’agit d’une approche fidèle à celle qu’on retrouve dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Déclaration et Plateforme d’Action de Beijing, la Convention d’Istanbul et la récente Convention C1902.

En outre, l’offre en outils multimédias pour combattre le harcèlement sexuel au travail semble encore timide à l’heure actuelle en Europe3. On soulignera la mise sur pied des webinaires du projet européen ESHTE/campagne It Stops Now. Quelques applications pour smartphones et tablettes ont été développées pour lutter contre le harcèlement au travail, le harcèlement de rue et le cybersexisme4. Leur approche est davantage spécialisante car elles ciblent de façon spécifique un aspect du phénomène.

À la lumière des initiatives et outils que ce rapport recense, on peut affirmer que le projet MOOC Entreprise répond à un manque dans l’offre d’outils pour combattre le harcèlement sexuel au travail. MOOC Entreprise propose en effet un cours complet, ouvert, gratuit, dynamique pour tablettes et smartphones, selon une analyse de genre ainsi qu’une approche globale pour prévenir et traiter ce phénomène. Il permettra de toucher toutes celles et ceux qui ne reçoivent pas de formation professionnelle adéquate sur la gestion de ces RPS précis, ou qui bénéficient actuellement d’une formation sur les RPS aveugles au genre.

1 2017, année #MeToo, a aussi coïncidé avec les premiers rapportages au GREVIO.

2 La C190 n’est pour l’instant ratifiée par aucun État membre des Nations Unies.

3 C’est surtout aux États-Unis que des applications ont été développées pour permettre aux victimes de signaler une situation de harcèlement sexuel, comme #NotMe, Blind, Vault Platform, Spot, STOPit Solutions, WorkShield…

4Par exemple : RespectMe, 365Raiponce, HandsAway, #JeSignale référencés sur la plateforme http://stopausexisme.be/.